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| Actualités nationales - Suisse Le groupe Suisse AIEMPR réunit des psychologues, psychiatres, psychanalystes et des théologiens, intéressés à mettre en dialogue leurs disciplines respectives.
Le groupe travaille sous forme de séminaire, selon des cycles de 4 ans, d'un congrès international à l'autre. Associatif durant une première période, le travail s'organise progressivement autour d'un axe, pour avancer vers la production de textes. Les rencontres ont lieu le samedi matin, toutes les 6 semaines environs
La Suisse a accueilli le Congrès international en juillet 2009.
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Programme 2009-2010
- 29 novembre 2009 premier échange sur le thème de travail
- 13 mars 2010: documentaire de Nourit Aviv présenté par Myriam Vaucher sur le passage d’une langue à l’autre
- 1er mai 2010: Pierre-Yves Brandt propose une réflexion sur l’identité et le nom
- 5 juin 2010: Travail avec Thierry de Saussure la partie II de son livre (pp. 107 à 145) sur les identifications.
- 28 août 2010: échange à partir du travail de Muriel Gilbert sur l'identité narrative
- 13-14 novembre 2010: colloque francophone à Paris
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Quelques notes de la séance du 29 novembre 2009
Quelques réflexions issues d'un premier échange sur le thème de travail "au-delà des identités":
- Marcel Durrer: Babel est un projet de sédentarité qu’il faut mettre en complémentarité avec des lectures « nomades » du début de la Genèse. Comment devient-on quelqu’un en confrontation avec l’autre ; comment une greffe des cultures peut-elle être efficace, sans nier la violence du processus. On peut penser au Qohélet, comme confrontation entre les mondes sémitique et grec; ou à Daniel : comment la loi peut être en rapport avec le monde babylonien.
- Pierre-Yves Brandt: la rencontre réelle des peuples et médiatisée par une narration sur la rencontre des dieux. La question de l’identité peut être posée à partir de celle du nom : comment le fait d’être désigné par un autre et identifié par moi peuvent se rencontrer ou non ? Comment par ailleurs le rapport au religieux peut être rapport à soi ? Les identités de chacun sont traversées par plusieurs identités.
- Régis Marion-Veyron, impliqué très directement par ces questions dans son activité professionnelle avec les psychotiques migrants, et dans son séminaire sur les questions transculturelles à Appartenance, relève le débat français dans lequel Thobie Nathan est critiqué comme communautariste. J.-L. Amselle (Branchements, anthropologie de l’universalité des cultures) dénonce l’illusion identitaire et de pureté originelle et propose l’idée de branchements (plutôt que celui de métissage qu’il défendait il y a quelques années). Alain Renaut (Un humanisme de la diversité, essai sur la décolonisation des cultures) est un autre apport récent décisif.
Régis Marion-Veyron mentionne aussi les études anglo-saxonnes plus pragmatiques et moins alourdies par les débat idéologiques. Il apparaît que dans la première génération de migrants, le nombre de psychoses est multiplié par trois, alors que dans la deuxième il est multiplié parfois jusqu’à cinq ! La première génération a encore ses anciens ancrages et doit lutter pour s’intégrer ; la deuxième a un pied dans chaque culture de façon plus labile.
- Michèle Bolli souligne que le marquage des identités peut aboutir à leur rigidification. Le langage des fluidités permet quant à lui plus de mobilité. Cela pourrait être travaillé par la symbolique de la lumière, de l’esprit, et plus largement du monde poétique. Cf. la phrase de Michaud : on n’est jamais seul dans sa peau.
- Thierry de Saussure conteste que l’identité soit une entité figée. En psychanalyse, la question de l’identité se construit à partir des pulsions. La clé du problème se situe dans les identifications et leur dynamique. Il y a à la fois une identification-repérage de l’autre, et une appropriation-prise à l’intérieur de soi. Les identifications post-oedipiennes permettent de se construire face à un autre repéré comme différent. Une identité à la fois forte et souple permet d’entrer dans une dynamique où il est possible de donner et de recevoir.
- Myriam Vaucher: L’identité n’existe pas. Elle est construction. La langue lui donne un ancrage à la fois corporel et culturel. Une réflexion sur ce qui se joue dans le passage d'une langue à l'autre peut permettre de penser le rapport aux identités plurielles.
- Catherine Cornut: dans le parcours d’Elie à l’Horeb, les différents temps de la construction de l’identité son mis en jeu dans une narration, en particulier dans la rencontre d’un insaisissable.
- Colette Degive: l’histoire de Babel une frénésie-hyperactivité (cf. les « temps modernes » de Chaplin) qui relève d’une sorte de pensée opératoire débranchée. En contrepoint la question est parfois de savoir comment donner lieu à ce qui s’agite à l’intérieur sans trouver les mots – une étrangeté interne ? –, qui essaie de se dire d’une façon peu entendable par la maladie ?
- Nicolas Duruz: les outils construits pour penser la question des diversités des psychothérapies et mettre en place un dialogue pourraient être transférés à la question du dialogue des identités. Selon Goethe : « celui qui ne connaît pas de langues étrangères, ne sait rien de la sienne propre » (Wer fremde Sprachen nicht kennt, weiss nichts von seiner eigenen).
- Gérard Winterhalter: entre les niveaux de l’identité individuelle et collective, il y a le niveau de la groupalité et de l’institutionnel. A partir de sa pratique, il propose de penser la façon dont l’identité s’articule à l’institutionnel, entre mobilité et rigidité.
- Madeline de Charrière: a envie de travailler la façon dont l’identité s’articule au spirituel, en particulier par la question de l’interdit de représentation et sa transformation dans le monde chrétien.
- Muriel Gilbert travaille le rapport entre identité et Thora. Comment une narration collective peut être utilisée dans le récit de soi ? Comment la narration permet de relier les différentes parties de soi ?
- Jean-Pierre Waber pense à la thématique de la pulsion de mort, à la façon dont on peut se libérer en infligeant quelque chose à l’objet (cf. l’oiseau qui se libère du filet dans le psaume 124). Le travail de la mort est ce qui permet de se confronter au temps et à ce qu’il s’agit de lâcher.
- Emmanuel Schwab rapproche la question de l’identité à celle de la « compulsion à la synthèse. » Dans la première topique de Freud, la question du moi et l’identité n’est pas problématisée. Ce n’est qu’à partir de la réflexion sur le narcissisme que Freud commence à la travailler. Il faut articuler cette compulsion à la synthèse avec les clivages ordinaires qui émergent des différentes crises de croissance. Cf. une adolescente qui dit qu’elle ne sait pas qui elle va voir quand elle regarde son miroir.
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